Manoir de Kercado
Logis orienté nord-sud à plan double en profondeur précédé d'une cour et donnant à l'arrière sur un grand jardin entièrement clos de murs. On entre au nord dans la cour par un large porche et une porte piétonne en léger retrait des deux pavillons d'angle, à un étage, coiffés tous deux à l'origine d'une toiture à croupes. Les pavillons sont percés de meurtrières qui permettent une surveillance discrète des entrées. Le logis est construit en moellon de granite enduit à l'origine. Il offre une élévation ordonnancée d'un étage carré sous un comble à surcroît. Au centre, la porte principale est surmontée d'un fronton triangulaire. Certains éléments comme les lucarnes du premier étage et celles à fronton cintré des combles sont en pierre blanche.Le manoir est situé à proximité de la rivière du Vincin. La seigneurie est attestée au 16e siècle, par le biais d'un contrat de 1535 concernant une "tenue" détachée de la seigneurie de Bernus qui s'étend sur 35 hectares. La seule habitation mentionnée est alors la métairie de Kercado qui subsiste aujourd'hui au sud-ouest de l'enclos du manoir. Au 16e siècle, la terre de Kercado est successivement la propriété de deux familles de marchands : les Le Baud (1535-vers1565) et les Colombel (à partir de 1569) qui ne résident pas sur place. Avant la création du lotissement "le parc du Vincin", et l'ouverture de nouvelles voies d'accès, on y accédait par l'ancienne route de Bernus et le chemin de Kercado donnant sur une grande avenue plantée d'arbres qui a été restaurée aujourd'hui. Le manoir est daté de la première moitié du 17e siècle. Si l'on se fie à la pierre, datée 1633 et figurée avec les monogrammes I.H.S et A.M., retrouvée dans les fondations du mur sud, la maison noble de Kercado pourrait avoir été édifiée par Henri Colombel, alors syndic de la communauté de la ville de Vannes. D'après un aveu daté de 1680, le fief de Kercado appartient ensuite à Jacques Couignault demeurant à Nantes, paroisse Saint-Clément. Sur le plan cadastral de 1844, se voient, au bout d'une rabine, les bâtiments disposés autour d'une cour, un jardin enclos étant au sud-est. En 1809, il n'y avait que le logis et les pavillons d'entrée. Les ailes est et ouest de la cour ont été rajoutées entre 1809 et 1844. Une restauration du manoir a été entreprise dans les années 1960 : elle a vu la suppression de l'enduit de façade, l'agrandissement probable des baies.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine
Par : L'inventaire du patrimoine