Ancien faubourg du Champ-Dolent, actuellement rue
Rue au tracé courbe et irrégulier d´une largeur de 7 m et de 4,50 m dans sa partie la plus étroite. La voie est coupée en deux parties par une rue en surplomb (rue Jean-Denis-Lanjuinais) à laquelle elle est reliée par deux escaliers rachetant la différence de niveau.A l´est de la rue Jean-Denis-Lanjuinais, on peut observer une rupture d´alignement qui traduit un élargissement ; à l´ouest, la voie en impasse est reliée à une rue parallèle au sud (rue Poullain-Duparc) par un passage traversant les immeubles élevés sur cette seconde rue.Vestiges du parcellaire médiéval à l´est, au niveau de la partie la plus étroite de la rue.Cité dès 1265 (Paul Banéat), le faubourg du Champ-Dolent, dont la vue d´Argentré (1616) donne une première représentation (doc. 1), s´étend depuis le carrefour situé au sud de la rue de la Poissonnerie (actuelle rue d´Argentré), le long d´une route menant à Redon. Il tire son nom de l'activité artisanale des métiers de la boucherie, dont la confrérie est attestée en 1340, dans l´acte de fondation de l´hôpital Sainte-Anne. Les amidonniers s´y établiront également.Protégé par la troisième enceinte, dans la 2e moitié du 15e siècle, le faubourg est partiellement détruit pour permettre la construction des douves. Une porte secondaire est aménagée dans l´enceinte à son extrémité ouest mais les représentations de la fin du 16e siècle et du début du 17e siècle montrent que le pont enjambant les douves est parfois inutilisable.Le plan conçu par l´ingénieur Robelin en 1726, pour la reconstruction de la ville dévastée par un incendie en 1720, figure sa disparition partielle et la rectification de la partie occidentale mais le projet ne sera pas mis a exécution dans la ville basse. La construction d´un nouvel abattoir, au milieu du 19e siècle, marque la fin d´une des activités artisanales les plus anciennes de la ville. Les archives communales de la série O indiquent que des réparations sont faites, en 1810 et en 1834, à la conduite de la ville. Les acquisitions de terrain destinées à l'établissement d'une place, voté en 1846, à l'extrémité est de la rue, commencent en 1849, suivies de plusieurs expropriations à partir de 1855. De nouvelles expropriations ont lieu entre 1861 et 1863, pour l'ouverture des rues Poullain-Duparc et Jean-Denis-Lanjuinais. Un plan de 1888 figure le projet de déplacement de l'escalier rachetant le dénivelé entre la rue du Champ-Dolent et la rue Jean-Denis-Lanjuinais. En 1903, la municipalité vote le déclassement de la partie ouest de la rue et sa suppression ; la voie, désormais en impasse, prend sa disposition actuelle en 1907.
Auteur(s) du descriptif : Barbedor Isabelle
Par : L'inventaire du patrimoine