Ensemble de deux fermes, Manetro (Kervignac)
L'ensemble se compose de deux fermes homogènes disposées perpendiculairement et construites pour leurs façades principales en moellon régulier de granite et couverte d'ardoise, l'une et l'autre à cinq travées. La première, la plus importante, est orientée au sud. Elle comprend un logis à élévation à trois travées ordonnancées suivi d'un espace à deux travées destiné à l'étable ; un bâtiment en retour sur la cour, autrefois couvert en appentis abritait l'écurie. Le logis à deux pièces surmonté d'un double grenier, le premier dans l'étage carré et le second dans le comble est établi sur une cave accessible par un escalier droit en pierre dans le couloir, mais également par une porte extérieure dans le mur nord. Il se composait deux pièces séparées par un couloir dans lequel se trouvait l'escalier de bois conduisant à l'étage à usage de grenier. Il est chauffé au rez-de-chaussée par deux cheminées, une en pignon est, à piédroits droits et linteau de bois, la seconde sur le refends ouest, à consoles et piédroits de granite ; le linteau de bois a été changé pour du granite lors de la restauration. A gauche de cette cheminée, une porte en anse de panier chanfreinée communique avec l'étable. Près de cette porte est inséré dans le mur sud un évier dont l'évacuation se voit sur le mur extérieur ; l'étagère murale à linteau de bois qui surmontait l'évier a été modifiée : l'ancienne armoire murale en plein cintre en granite du corps de bâtiment ouest a été transférée ici. Les poutres de la salle, soignées, ont leurs angles adoucies en quart de rond. Marquant la travée de la salle, la date de 1793 surmonte une niche à Vierge insérée entre les fenêtres de la travée.L'écurie en retour n'a pas de communication avec l'étable, au contraire de la niche à chien semi-circulaire et couverte d'une ancienne meule adossée à l'écurie et qui communiquait avec elle par un percement dans le mur (la tradition orale explique que cela permettait au chien d'échapper au loup). Au-dessus de l'écurie, le comble autrefois couvert en appentis abritait une cache, avec latrines dont l'évacuation est visible sur le pignon ouest.Le puits est placé à l'extrémité est de ce logis. Le corps cylindrique en pierre de taille est mouluré à la base et sous la margelle monolithe. Linteau et montants en granite sont ornées de boules et d'un pot d'où sortent des tiges de fleurs ou ustensiles.Le second logis adopte la même structure que le premier, mais sa façade principale est orientée à l'est. Il comporte une chambre chauffée, une salle chauffée suivie d'une étable. Dans la salle, l'évier est situé à proximité de la cheminée, l'évacuation par une goulotte saillant sur l'élévation principale. Le pignon est percé au niveau du comble de deux grands jours.Des dépendances très remaniées au sud de la cour, seule est à peu près conservé la soue adossée en appentis à l'ouest : elle s'ouvre au sud d'une porte à linteau en arc segmentaire surmonté de boulins à pigeon.Ensemble de deux fermes construites autour d'une même cour en 1793 pour Vincent Hirgair, inscription portée sur la façade principale de la ferme nord. La ferme ouest cependant conserve des éléments d'un bâtiment du 17e siècle, peut-être de 1669, date inscrite sur l'appui remployé d'une fenêtre de comble en pignon sud : la porte de l'ancienne étable (porte nord), l'étagère murale, aujourd'hui transférée dans le corps de logis nord ; il est probable que la chaîne d'angle, le jour de l'écurie, peut-être la base de porte et les pierres de la niche du bâtiment nord soient aussi des remplois du 17e siècle. Egalement remployés, les piédroits et consoles de la cheminée de la salle de la ferme nord semblent cependant un peu plus anciens.Lors de sa restauration en maison d'habitation, cette dernière a été modifiée au niveau de l'aile en appentis en retour à l'ouest : surélévation d'un étage et ajout d'une lucarne et d'un pigeonnier moderne, modification de la toiture en pavillon ; le pignon ouest a également également fait l'objet de percements (fenêtre jumelée et oculus en pierres de remploi), de même que la façade nord.Dans le corps de logis ouest, une rupture dans la mise en oeuvre de la façade près du pignon nord indique que celui-ci a été remonté. La pente du toit a été modifiée et les rampants découverts supprimés sans doute au 20e siècle lors du changement de matériau de toiture. L'élévation ouest, initialement aveugle, a été percée de cinq fenêtres et de deux ouvertures charretières lors de sa transformation en habitation, vers 2000.Les dépendances au sud, contemporaines de l'ensemble, ont été très remaniées. Le puits porte la date de 1860 (?) sur la traverse, date à laquelle sont sans doute ajoutés montants et traverses, car la base semble plus ancienne, peut-être du 17e siècle.
Auteur(s) du descriptif : Toscer Catherine
Par : L'inventaire du patrimoine