Couvent de carmélites de Nazareth, puis Intendance
A l'origine, les édifices du couvent s'organisent autour d'un cloître à arcades en plein cintre épaulées une fois sur deux par des contreforts à double talus. L'église forme le côté sud. Les agrandissements opérés au 17e siècle modifient le schéma initial avec quatre grandes augmentations dont trois aujourd'hui ont disparus : une aile à l'angle nord-ouest du couvent, une grande aile située au nord-est du cloître et se terminant par un pavillon, un logis situé au pignon du grand autel. Seule, l'aile en retour d'équerre au sud de l'église comprenant le corps d'entrée principal est encore présente. Les parties subsistantes montrent des élévations enduites d'un étage carré surmonté d'un comble à surcroît. Le premier étage est éclairé par des fenêtres modifiées dans leur taille et dans leur nombre au 19e siècle. Un escalier en bois suivant le modèle tournant à retour sans jour, situé à l'angle nord-ouest de la galerie du cloître et reconstruit vraisemblablement au 19e siècle donne accès aux étages. Il remplace un escalier antérieur à jour central dans une cage plus grande (cf. le plan de 1824). Les combles à surcroît montrent une charpente à faux-entrait remontant au 17e siècle (?) avec rajout de pièces biaises pour consolider l'ensemble lors des modifications d'ouvertures après 1824. La façade actuelle de la chapelle reflète les divisions du volume opérées après 1824 pour les besoins de la manutention militaire. Visible sous l'enduit se remarque une baie en plein cintre.Un premier couvent de Carmélites est fondé au Bondon par Françoise d'Amboise en 1463. Elles sont transferées aux Coets près de Nantes en 1480. Souhaitant revenir à Vannes, elles commencent en 1513 les démarches préliminaires et obtiennent par lettres patentes de la reine Anne, duchesse de Bretagne, la fondation d'un monastère à Vannes, fondation confirmée par le roi Louis XII. En 1516, un acte est dressé pour afféager le fief de Vannes du prieur de Saint-Martin de Josselin. L'arrangement est ratifié par le pape Léon X en 1517, l'évêque de Vannes et le recteur de Saint-Patern.Le couvent est construit de 1518 à 1530. On utilise en particulier les matériaux provenant de l'ancien couvent des Carmélites au Bondon (couvent des Trois-Maries). Des travaux d'agrandissement sont entrepris au 17e siècle pour répondre à l'afflux des religieuses. Une infirmerie et un vestiaire sont construits en 1618 : il pourrait s'agir de l'édifice aujourd'hui rasé et placé sur les anciens plans à l'angle nord-ouest du couvent. En 1629, un grand dortoir et un pavillon allant vers le nord sont édifiés. En 1645, les jardins et prairies sont augmentés et agrémentés d'une fontaine par le vicaire de la communauté, Jean Tuaut. L'église est agrandie et décorée entre 1673-1675. Des communs et logements de domestiques sont édifiés en 1692. En 1694, le colombier de Kercair est transporté dans l'enclos qui voit aussi en 1695, l'édification de la chapelle Sainte-Anne et d'un oratoire. La même année sont édifiées deux chambres d'hôtes et un parloir au-dessus du portail.Le couvent est fermé en 1792 et les soeurs dispersées. L'Etat y installe la "Manutention militaire". On y construit un grand bâtiment mur ouest après le porche d'entrée pour faire le plan des militaires de la garnison vannetaise. En 1808, la maison et le jardin des Pères Carmes devant l'entrée du couvent sont démolies pour établir une place d'Armes conformément à la décision prise sur le plan national.Une partie des jardins du couvent (nord et ouest) est vendue au Père Daudé qui y construit un pensionnat pour écoliers lequel est racheté en 1874 par les "Petites Soeurs des Pauvres".En 1824, le couvent est partagé en deux coupant l'église et le cloître pour y construire une "maison d'arrêt et de détention". Pour ce faire, la partie orientale du couvent est démolie : le choeur de la chapelle, une partie de la nef et du cloître. Depuis le départ de la Gendarmerie mobile, affectée à Nazareth de 1968 à 2000 et l'acquisition du couvent par la ville, ce dernier reste sans affectation. Le bâtiment édifié au 19e siècle pour faire le pain des militaires a été démoli lors du percement de la rue desservant la résidence le "Carré des Vosges".Situé au centre de la cour d'origine, le puits est préservé dans le mur de séparation de cet espace, réalisé vers 1824 lors de la construction de la prison.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine ; Le Pennec Christophe
Par : L'inventaire du patrimoine